Le musée d’Orsay abrite en son sein une œuvre emblématique de Gustave Courbet : Un enterrement à Ornans. Mais comment cette œuvre a-t-elle révolutionné le paysage artistique du milieu du XIXe siècle ? On vous en dit plus ci-dessous.

L’ère du changement

Gustave Courbet autoportrait

     1850 : nous sommes au cœur de la Seconde République. La société évolue et se scinde en deux classes sociales très différentes. D’un côté la bourgeoisie devenue classe dominante et de l’autre la classe ouvrière. Face à cela, certains artistes prennent le parti de se marginaliser. Ils refusent de se soumettre aux institutions et aux pouvoirs en place tout en ne combattant pas aux côtés de la classe ouvrière. Gustave Courbet, qui  participera à la Commune qu’en 1871, fait partie de ces artistes maudits.

Un artiste à contre-courant

     L’œuvre Un enterrement à Ornans, est un bel exemple des revendications de l’artiste. Celui-ci cherche à se détacher à la fois du romantisme, courant artistique qui met notamment l’accent sur l’exaltation des sentiments et de l’académisme, qui privilégie le respect des conventions. Parmi ces conventions, l’académisme veut que les peintures de grand format soient réservées aux peintures historiques, allégoriques, mythologiques ou bibliques, ces sujets étant considérés comme plus nobles. Or, pour Courbet, l’histoire des gens du peuple mérite d’être représentée sur des tableaux de grand format car il s’agit de l’histoire contemporaine.

     C’est ainsi qu’Un enterrement à Ornans, tableau d’environ sept mètres de hauteur sur trois mètres de large, voit le jour. Il représente une scène d’enterrement dans le village natal de l’artiste et fait de Courbet, une figure emblématique du mouvement réaliste. En effet, les vingt-sept personnages représentés sur l’œuvre ont bel et bien existé et ont posé tour à tour dans l’atelier de l’artiste.

Une oeuvre qui déchaîne les passions

Exposition universelle de 1855 Palais de l'Industrie

     On se doute dès lors qu’au cours de son exposition au salon de 1850-1851, l’œuvre fit scandale auprès d’un public dénonçant la grossièreté de l’œuvre et la laideur des personnages. Elle est ainsi refusée à l’Exposition Universelle de 1855. Néanmoins, notre valeureux Courbet ne s’avoue pas vaincu et décide de financer une exposition personnelle à deux pas de l’Exposition Universelle. Au total, quarante tableaux de l’artiste se revendiquant du réalisme y seront représentés. De quoi marquer à jamais les esprits.

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