Entre décembre 1911 et mai 1912, un gang d’anarchistes prénommé la bande à Bonnot sème la terreur dans la capitale pendant près de 6 mois. Ses membres mènent une série de braquages, semant la mort dans leur sillage et affolant les journaux, qui les font bénéficier d’une incroyable couverture médiatique.

Les débuts de la bande à Bonnot

Photo de Jules Bonnot prise en 1910 par la police de Lyon

     A la fin de l’année 1911, plusieurs anarchistes illégalistes parisiens se regroupent dans un gang dont le but est de pratiquer le banditisme révolutionnaire. Ce mode de vie s’élevant contre le capitalisme consiste à forcer la redistribution des richesses par le vol de personnes aisées ou de banques.

     Mais qui sont les membres de la bande à Bonnot ? Trois des leaders, Carouy, Garnier et Callemin, se connaissent depuis longtemps car ils ont appartenu à un journal nommé « L’Anarchie ». A la suite d’un cambriolage, leur équipe se dissout et ils se dispersent dans Paris. C’est l’arrivée d’un nouveau comparse, Jules Bonnot, qui va les réunir à nouveau.

     Jules Bonnot est déjà bien connu de la police, avec plusieurs vols et même un meurtre à son actif. D’un tempérament violent, il exerce son métier d’ouvrier mécanicien à Lyon après son expulsion de Genève. C’est à ce moment qu’il commence à fréquenter les cercles anarchistes et illégalistes. A partir de 1907, il décide de s’adonner entièrement au banditisme et entame sa carrière de criminel.

     Forcé de quitter la région, il monte à Paris à bord d’une voiture volée et accompagné d’un ancien membre du journal L’Anarchie, qu’il tue en chemin. Arrivé à Paris, il se met en quête des autres membres du journal afin de constituer un gang anarchiste. Bonnot s’impose rapidement comme le chef de la bande grâce à ses compétences en ouverture de coffres-forts et en automobile (il est le seul à savoir conduire). Enfin au complet, la bande peut commencer ses méfaits…

La bande à Bonnot règne sur Paris et sa région

La bande à Bonot attaque la Société Générale rue Ordener

     Dans la nuit du 13 au 14 décembre, le gang vole une voiture à Boulogne-sur-Seine afin de préparer sa retraite. Il passe à l’action le 21 décembre, à la Société Générale rue Ordener à Paris. Ce jour-là, le garçon de recette s’apprête comme tous les jours à remettre l’argent collecté à la banque. Bonnot et sa bande s’arrêtent en voiture près de lui. Callemin arrache la sacoche comprenant le butin pendant que Garnier tire sur le garçon de recette, qui tente d’empêcher le vol. Une fois leur méfait accompli, les malfrats s’échappent en voiture, inaugurant un nouveau style de braquage.

      La presse s’empare de l’affaire, exceptionnelle par bien des points. D’abord, c’est la première fois qu’une automobile est utilisée dans un braquage. Ensuite, le crime a eu lieu en plein jour et a été particulièrement violent, les malfrats ayant tiré sur les passants afin de s’échapper.

Ce crime est le début d’une véritable chasse à l’homme par la police et d’une fuite désespérée pour le gang d’anarchistes. Et tout cela pour un butin de 5 000 francs… On arrête et interroge les complices anarchistes, les maîtresses et même le mari de la maîtresse de Bonnot !

     Pendant ce temps, la bande terrifie Paris et sa région en commettant de nombreux vols et en assassinant ceux qui se mettent en travers de leur route. C’est comme ça qu’ils abattent un officier de police qui tentaient de les verbaliser en raison de leur conduite, le 27 février 1912. Cette course-poursuite meurtrière se poursuit plusieurs mois, pendant lesquels les anarchistes ne cessent de ridiculiser une police encore équipée de vélos et de chevaux.

Le dernier casse de la bande à Bonnot

Siège de Jules Bonnot par la police à Choisy-le-Roi

     Au mois de mars, les preuves se sont accumulées et l’identité des membres de la bande est connue du grand public, resserrant l’étau autour d’elle. Bonnot décide de tenter un nouveau braquage à la Société Générale de Chantilly. La bande entre dans la banque, abat deux employés et dérobe 50 000 francs.

     La police décide alors de mettre définitivement fin à leurs agissements en mettant 200 inspecteurs sur l’affaire. La banque soutient l’initiative en promettant une récompense de 100 000 francs à celui qui dénoncera les malfrats. A partir de là, les arrestations s’enchaînent : Soudy (autre membre de la bande, qui a été identifié comme celui tirant sur la foule lors du premier braquage) est arrêté au sanatorium où il traite sa tuberculose. Puis vient le tour de Carouy, près de Fresne, qui tente de se suicider alors qu’on l’interroge. Enfin, un indicateur livre le domicile de Callemin, qui est arrêté début avril.

     Des membres sont encore en fuite dont Garnier et le chef de la bande. Bonnot échappe une nouvelle fois à la police en tirant sur l’inspecteur Colmar et le sous-directeur de la sûreté Jouin (qui meurt sur le coup), venus inspecter la boutique dans laquelle il se cache.

     La traque s’achève le 28 avril 1912 dans le garage d’un anarchiste, Dubois, qui le loue à un autre sympathisant anarchiste. La quinzaine de policiers présents sur les lieux abat rapidement Dubois mais n’atteint pas Bonot, qui se barricade. Commence alors un véritable siège tenu par les policiers bientôt rejoints de 500 hommes armés des villes voisines et accompagnés par une foule qui atteint près de 30 000 personnes à la fin du siège. Après de longs échanges de tirs, les policiers décident de dynamiter la maison et achèvent Bonnot de six balles après être entrés dans les débris. Près de lui, un testament qu’il a rédigé jusqu’à son dernier souffle.

     Malgré la mort de son chef, la bande à Bonnot n’est toujours pas décimée. Sa fin a lieu le 14 mai 1912 lorsque les deux derniers membres, dont Garnier, sont abattus à Nogent-sur-Marne. Haïe de son vivant, la bande à Bonnot est pourtant restée dans les mémoires comme la figure d’une révolte contre une société capitaliste corrompue.

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