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3 histoires parisiennes dignes d’un conte d’Halloween

Histoires criminelles sanglantes Paris

Cet article est à lire en écoutant cette chanson

     Une princesse coupeuse de têtes, un pâtissier anthropophage, une serial-empoisonneuse… découvre trois récits funèbres, dignes d’Halloween, qui ont marqué l’histoire de Paris.

     Paris est aujourd’hui, aux yeux de tous, la « Ville Lumière » qu’on rêve d’arpenter en amoureux. Cependant, ses grandes avenues fréquentées par touristes et bourgeois ont longtemps été d’étroites ruelles sinueuses. Quant à ses illuminations colorées et son dense réseau d’éclairage public, ils sont venus mettre un terme à une profonde obscurité qui envahissait la capitale dès la nuit tombée.

     Un contexte propice aux agissements de nombreux malfaiteurs qui ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de notre capitale. Parfois, de « simples » criminels. Mais parfois, les auteurs de machinations macabres qui frôlent avec la barbarie ou la sorcellerie. Retour sur trois histoires parisiennes sanglantes qui font froid dans le dos. Une lecture tout à fait appropriée pour se mettre dans l’ambiance d’Halloween.

Rue Courtalon (Paris, 1er) : Pour le bien de la science

Princesse coupeuse de têtes Histoires criminelles sanglantes Paris

LA PRINCESSE JABIROWSKA ET SON TRAFIC D’ÊTRES HUMAINS

Des disparitions mystérieuses

     Située dans le quartier des Halles entre la place Sainte-Opportune et la rue Saint-Denis, la rue Courtalon semble bien paisible aujourd’hui. Pourtant, elle a été le théâtre au XVIIème siècle de crimes particulièrement sordides.

     En 1684, près d’une trentaine de jeunes hommes disparaissent en quelques mois dans les environs de la rue Courtalon. L’affaire fait grand bruit et donne naissance aux rumeurs les plus extravagantes. Selon l’une d’entre elles, une princesse, atteinte d’une grave maladie du foie, ferait égorger ces jeunes hommes pour pouvoir prendre des bains de sang curatifs.

     L’affaire prend de telles proportions qu’elle arrive aux oreilles du roi Louis XIV. Soucieux de préserver la paix du royaume, celui-ci convoque le premier lieutenant de police de Paris, Nicolas de la Reynie (celui qui est à l’origine de l’éclairage public de la capitale) et l’ « invite » à élucider rapidement ce mystère. Face aux enjeux de la mission, La Reynie confie aussitôt l’enquête à son meilleur policier, le dénommé Lecoq.

Un stratagème infaillible

     Par chance, il se trouve que Lecoq a un fils du même âge que les victimes. Qui plus est, celui-ci est réputé pour son intelligence et sa lucidité. Il est d’ailleurs surnommé « L’Éveillé » par ses pairs. Ensemble, ils élaborent un stratagème : l’Éveillé jouera le rôle d’appât. Il revêt une de ses plus belles toilettes, se pare de bijoux luxueux et accroche à sa ceinture une bourse fort remplie qu’il s’évertue à faire tinter à chacun de ses pas. Ainsi équipé, il s’en va sillonner les rues de Paris.

     Rien ne se passe les premiers jours. Sa patience finit toutefois par payer. Le cinquième jour, alors qu’il se trouve près des Tuileries, il aperçoit une très belle femme accompagnée d’une vieille dame qui semble être sa chaperonne. Il parvient à les aborder en se faisant passer pour le fils d’un riche médecin. La servante lui apprend que la ravissante femme à ses côtés n’est autre que la fille naturelle d’un prince polonais qui vient de mourir, la laissant seule pour héritière.

     Séduite par la situation du jeune homme, la chaperonne propose à l’Eveillé de rencontrer le soir même la mère de la jeune princesse. Le rendez-vous est fixé près de l’église Saint-Germain d’Auxerrois. Le jeune homme s’empresse d’aller prévenir son père.

Le jour J

     La nuit tombée, il se rend comme convenu au lieu de rendez-vous. La vieille femme est là qui l’attend. Elle l’invite à le suivre et l’amène, par toutes sortes de ruelles détournées, dans un logis situé… rue Courtalon. Il y trouve la belle princesse revêtue d’un déshabillé pour le moins alléchant. Ils échangent quelques mots puis elle s’absente de la pièce quelques minutes. Un temps paniqué par la situation, il reprend ses esprits et se met à examiner la pièce d’un peu plus près. C’est là qu’il trouve, dans une armoire dissimulée derrière un paravent… des dizaines de têtes momifiées.

     Horrifié, il n’entend pas la jeune femme qui revient dans la pièce accompagnée de plusieurs hommes armés. Fort heureusement, c’est le moment que choisissent le policier Lecoq et sa garde pour pénétrer dans l’appartement. Tous ces heureux protagonistes sont arrêtés par le fin limier et conduits au Grand Châtelet pour y être interrogés.

     Le macabre stratagème est enfin dévoilé. La princesse Jabirowska n’est autre qu’une Anglaise que la nature a gâtée par un physique avantageux. Celle-ci se sert ainsi de ses charmes pour séduire de jeunes hommes esseulés et les entraîner dans son repère. C’est là que sa bande de complices se charge de les égorger puis… de les décapiter. Les crimes ne sont cependant pas « gratuits » puisque les têtes embaumés sont expédiées par les malfaiteurs en Allemagne pour des études anatomiques sur les crânes et leur morphologie. Les corps, eux, sont vendus illégalement à des étudiants en médecine.

     Un business très lucratif en somme, à la fois pour cette joyeuse bande de compères et pour la science. Ils n’en profiteront toutefois pas bien longtemps puisque tous seront pendus « haut et court ». Faut pas déconner quand même.

Rue des Marmousets (Paris, 4ème) : Travail à la chaîne

Boucher et pâtissier sanguinaires Histoires criminelles sanglantes Paris

LA LEGENDE DU BARBIER ET DU PATISSIER SANGUINAIRES

     Sais-tu que la légende de Sweeney Todd, très populaire dans le folklore anglais, s’inspire largement d’un fait divers qui s’est déroulé à Paris au XIVème siècle ?

     A l’angle de la rue des Marmousets et de la rue des Deux-Ermites, toutes deux détruites lors de la construction de l’Hôtel-Dieu au milieu du XIXème siècle, s’est déroulée en 1387 une machination funèbre.

Copains comme cochons

     Il se trouve que, sur cette partie de l’île de la Cité, deux commerces sont voisins : une échoppe de barbier en vogue parmi les étudiants du chapitre de Notre-Dame et une pâtisserie, réputée dans toute la capitale pour la qualité de ses pâtés en croûte.

     Barbier et pâtissier s’entendent si bien qu’ils commencent à faire des affaires ensemble. Un business pour le moins lucratif même s’il est quelque peu… sanguinolent. Le barbier repère les hommes solitaires parmi ses clients puis les égorge avec beaucoup de soin à l’aide de son rasoir affûté. Une fois morts, il les dépouille, les dépèce et fait basculer les corps par une trappe aménagée qui donne directement… dans la cave de son compère pâtissier.

     Le gros œuvre étant accompli, le pâtissier exerce ses talents de cuisinier sur le pauvre homme qui pensait seulement se faire raccourcir la barbe. Le pâtissier le découpe, le hache menu comme un bon paleron de bœuf et utilise cette farce, qu’il ne manque pas d’assaisonner, pour cuisiner ses fameux pâtés en croûte. Ses réalisations culinaires sont si réputées qu’il paraît que même le roi Charles VI en raffole.

L’erreur de trop

     La prospérité de cette petite entreprise était sans compter sur la fidélité à toute épreuve des animaux de compagnie. En effet, tout bascule le jour où un étudiant allemand, prénommé Alaric, vient rendre visite à ce barbier réputé si bon commerçant. Il ne manque pas d’amener son chien, à qui il demande d’attendre devant l’échoppe du bougre. Ne voyant pas son maître revenir, le chien reste devant la boutique à hurler à mort des jours durant à tel point que les voisins finissent par alerter la maréchaussée. La collaboration macabre entre les deux commerçants est alors découverte. Les policiers retrouvent dans la cave du pâtissier les outils utilisés pour la confection de leur recette morbide : le billot servant à étriper les corps et les haches servant à les démembrer.

     La sentence est sans appel : la maison des criminels est rasée et les deux commerçants sont brûlés vifs dans des cages de fer en place de Grève. De quoi rappeler à tous les spectateurs l’odeur de la chair rôtie

Rue Beauregard (Paris, 2ème) : Messes noires, sacrifices et empoisonnements

La Voisin Histoires criminelles sanglantes Paris

LA VOISIN, LA SORCIERE LA PLUS COURUE DU TOUT PARIS

     Elle est arrêtée le 12 mars 1679.

     Elle s’appelle Catherine Deshayes mais est surnommée « La Voisin » d’après le nom de son mari, le sieur Antoine Monvoisin, avec qui elle est mariée très jeune et aura une fille, Marie-Marguerite. Lui est mercier-joaillier sur le Pont Marie, elle est sage-femme.

Boules de cristal et compagnie

     Après la faillite de son époux, elle doit trouver de nouveaux moyens de subsistance. Intelligente et sans scrupule, elle profite de la superstition et de la crédulité des gens pour se lancer dans la chiromancie. Elle commence à fréquenter avec assiduité les salons où elle peut se dégoter une riche clientèle de grands bourgeois et d’aristocrates.

     Sa nouvelle activité de diseuse de bonne aventure apparaît rapidement très lucrative. Revêtue d’une somptueuse robe et d’un manteau de velours cramoisi, elle donne rendez-vous à ses nobles clients dans son antre de la rue Beauregard, près de la porte Saint-Denis, pour leur prédire leur avenir. Elle lit sur les visages, dans les lignes des mains, dans les cartes et tire les horoscopes.

La surenchère dans le crime

     Mais la bonne femme est ambitieuse et compte bien aller au-delà de ses talents de voyante. Elle se lance alors dans un commerce de produits plus ou moins licites. Elle s’improvise apothicaire en vendant des recettes contre les maux de tête ou les boutons sur le visage. Pire, elle se livre à un trafic de poisons pour combler les sombres pulsions de sa riche clientèle. Un problème d’héritage, un mari infidèle, un amant inconstant, un parent encombrant… les raisons sont multiples pour vouloir se débarrasser, dans cette haute société, de certaines personnes de son entourage. Lorsqu’elle est arrêtée par le lieutenant général de police de Paris, Nicolas de la Reynie, elle est suspectée d’être à la tête d’un réseau d’une centaine d’empoisonneurs à la solde d’aristocrates parisiens.

     Le pire reste toutefois à venir. La Voisin pratique des milliers d’avortements, qui sont illégaux et sévèrement punis à l’époque. Lors d’un « interrogatoire », elle révèle avoir « brûlé dans le jour, ou enterré dans son jardin, les corps de plus de 2500 enfants nés avant le terme ». Pire encore, elle est l’instigatrice de messes noires qu’elle organise avec l’aide de son complice, l’abbé Guibourg, un prêtre catholique défroqué. Durant ces messes noires, La Voisin et son compère diabolique sacrifient des nouveaux nés au prince des ténèbres. Les femmes qui commanditent la cérémonie sont allongées nues sur un autel, un cierge dans chaque main, pendant que le prêtre égorge un nourrisson posé sur leur ventre. Le sang du nourrisson, mêlé à du sang de chauve-souris et à de la farine, fait alors office d’hostie.

Coupable de sorcellerie

     Une fois arrêtée, elle avoue sous la torture l’ensemble de ses crimes. La sentence tombe : condamnée au bûcher. Elle est brûlée vive en place de Grèce le 22 février 1680. Dès le lendemain, Madame de Sévigné raconte la violence de son exécution dans une lettre à sa fille :

« À cinq heures on la lia ; et, avec une torche à la main, elle parut dans le tombereau, habillée de blanc : c’est une sorte d’habit pour être brûlée. Elle était fort rouge, et on voyait qu’elle repoussait le confesseur et le crucifix avec violence.

À Notre-Dame, elle ne voulut jamais prononcer l’amende honorable, et devant l’Hôtel-de-Ville elle se défendit autant qu’elle put pour sortir du tombereau : on l’en tira de force, on la mit sur le bûcher, assise et liée avec du fer. On la couvrit de paille. Elle jura beaucoup. Elle repoussa la paille cinq ou six fois ; mais enfin le feu augmenta, et on l’a perdue de vue, et ses cendres sont en l’air actuellement. Voilà la mort de Madame Voisin, célèbre par ses crimes et son impiété. »

     Cette affaire, intimement liée à l’affaire des poisons qui secoue toute l’aristocratie française sous Louis XIV, ne restera pas sans conséquence. Dès 1682, Louis XIV promulgue un édit selon lequel ceux qui se livrent à des « pratiques superstitieuses » ou qui utilisent « maléfices et poisons » seront condamnés à mort. Les « devins, devineresses, magiciens », quant à eux, sont invités à « quitter le royaume ». De quoi refroidir même les plus ambitieux.

Histoires criminelles sanglantes Paris

Conclusion

     Tu as maintenant de quoi nourrir la composition de ton personnage pour tes futures soirées d’Halloween. Si tu n’es pas du genre à sortir déguisé le 31 octobre, tu n’as pas perdu ton temps pour autant. Fort de ces sanglantes légendes, tu peux désormais « égayer » tes promenades dans le Vieux Paris et te replonger dans une époque qui, fort heureusement ( !), n’est plus.

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