Paris et ses rats d’égouts ont vécu une longue histoire qui débute dès le Moyen-Age et n’est toujours pas achevée aujourd’hui. Tour à tour vénéré, redouté et remis à l’honneur par notre société, le rat n’a pas fini de faire parler de lui…

Les rats envahissent Paris

Rat de Paris - dessin

     Ils étaient plus de 250 000 en 1849, ils sont probablement entre 3 et 4 millions de nos jours… Plus nombreux que les pigeons que s’amusent à nourrir les touristes, on compte un à deux rats par Parisien !  Au cours des siècles, les Parisiens ont cohabité avec deux espèces de rats différentes, sans forcément savoir les distinguer.

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Comparaison entre le rat noir et le rat brun - Rats de Paris

     Le premier rat à fouler le sol français est le rat noir, originaire d’Asie, qui s’est propagé en Europe tout au long du Moyen-Age. La croyance veut que ce soient les chevaliers revenant des croisades qui l’aient ramené au 12ème siècle mais sa présence est en réalité bien plus vieille : elle est datée entre le 4ème et 2ème siècle avant Jésus-Christ. C’est lui qui transporte la peste bubonique ou peste noire, bien qu’on ne le découvre pas avant le 19ème siècle et crée l’association faite entre le rat et la maladie.

     Le rat noir est peu à peu remplacé par le rat brun ou gris au cours du 18ème siècle. Il aime les zones humides, souterraines et se réfugie dans les égouts de la capitale. C’est comme ça que naît notre fameux « rat d’égout » !

     Paris offre le cadre rêvé pour tout rat qui souhaite y faire sa vie. Il y trouve une source de nourriture abondante grâce à la présence de nombreux abattoirs mais aussi dans les déchets que les Parisiens produisent. Les grands travaux entrepris à Paris au 19ème siècle et notamment la construction des égouts lui fournissent des logements comme il les aime : humides, sombres et loin de l’effervescence humaine.

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Pourquoi a-t-on peur des rats ?

Le puit et le pendule, E. A. Poe - Les rats de Paris

     Puisque les rats vivent sous terre et donc loin de nos yeux, pourquoi avons-nous aussi peur d’eux ?

     L’explication la plus commune est que l’on a peur d’attraper les maladies qu’ils transportent. C’était vrai sous l’Antiquité avec le mythe lié au dieu Apollon, également dieu des rats. Selon les croyances, Apollon aurait dit aux hommes que les rats gris propageaient la peste et que pour la soigner il fallait utiliser… des souris blanches ! Cependant l’explication se perd au cours des siècles et ne réapparaît qu’au 19ème siècle avec l’identification formelle de la peste.  Aujourd’hui le rat est encore craint car il peut transmettre la leptospirose, aussi connue sous le nom de maladie du rat, qui se propage par une morsure (cas plutôt rare) ou par un contact avec l’urine des rongeurs.

     Dans les sociétés européennes le rat est surtout considéré comme un animal de mauvais augure. La présence d’un rat sur un navire est terrifiante car s’il le quitte, cela signifie que l’on va faire naufrage. Il est aussi jugé responsable de nombreuses famines car en bon rongeur qu’il est, il s’attaque aux récoltes des humains. Le problème s’aggrave quand la médecine commence à identifier la cause des différentes maladies car elle réalise que pour 1 grain rongé c’est une dizaine qui est perdue à cause des excréments du rat.

     Cette réputation du rat ne fait qu’empirer jusqu’à le transformer en animal mangeur d’homme. De nombreuses légendes traitent du phénomène, comme celle de l’archevêque de Mayence qui en 967 aurait été jeté en pâture aux rats pour expier ses fautes. Cette image négative du rat atteint même la littérature. Dans Le puit et le pendu d’Edgar Allan Poe, le narrateur de la nouvelle est sauvé par des rats qui restent pourtant décrits comme des animaux terrifiants qui ont cherché à faire de lui leur proie.

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Entre Paris et les rats, la guerre est déclarée !

Rats morts exposés à Paris

     Lorsque la population des rats de Paris commence à augmenter au 19ème siècle, on peut imaginer que les Parisiens n’ont pas été particulièrement ravis.

    Cette prolifération intervient au moment où le mouvement hygiéniste commence à préconiser la propreté des villes pour limiter les maladies et où la ville devient exclusivement celle des humains. C’est aussi à ce moment que la notion d’animal domestique se précise et renforce la terreur liée aux rats. Il appartient à la ville sans être un animal domestique, ce qui lui donne un statut d’envahisseur dès qu’il atteint la surface habitée par les humains.

     Paris prend les choses en mains et tente de favoriser l’éradication de ses rats d’égouts. La préfecture de Paris verse une prime de 10 centimes par rat qui lui est apporté, ce qui favorise la création de nombreuses entreprises de dératisation.

     La municipalité de Paris emploie un concierge-spécialiste, chargé de chasser les rats des abattoirs. A l’équipe s’ajoute Georges Ménard en 1909. A l’occasion de son travail dans les égouts, il aurait débarrassé la ville de plus de 20 000 rats qui les peuplaient ! Il obtient même une carte spéciale qui l’autorise à descendre dans les égouts à sa guise pour y chasser le rat.

     Dès 1901, un budget est alloué à la dératisation de Paris. Une première somme de 5 000 francs est décidée pour payer toute action s’apparentant à la destruction des rats parisiens. En 1909, c’est de nouveau 5 000 francs qui sont votés. Ils sont dépensés en poisons et pièges en tout genre, en primes pour ceux ramenant des cadavres de rats, pour compenser l’exemption d’impôts dont bénéficient les propriétaires de chiens ratiers et même pour encourager la pratique des combats entre des chiens et des rats (pour en apprendre plus sur cette pratique, c’est ici) !

     Malgré toutes les actions entreprises, une nouvelle épidémie de peste frappe la capitale en 1920 et fait 34 victimes. La peste des chiffonniers touche principalement le milieu de ces revendeurs d’objets usagés, qui vivent en périphérie de Paris dans des logements insalubres construits à partir de matériaux de récupération. Dès que le premier cas est reporté, la ville de Paris charge le docteur Edouard Joltrain d’enquêter sur le phénomène. Au cours de ses recherches, il découvre que l’épidémie se propage en réalité depuis 1907 et identifie 4 premiers foyers. Bientôt sont touchés Pantin, Clichy, Aubervilliers, le 18ème arrondissement…

     Paris vote un budget d’urgence de 300 000 francs destinés à éradiquer une bonne fois pour toute les rats de Paris et crée un laboratoire consacré à leur étude ainsi qu’à leur surveillance. Ce budget disparaît en 1920 non pas parce que l’épidémie est stoppée mais à cause des nombreuses fraudes (quelques ingénieux élevaient des rats afin de toucher les primes) et de l’accroissement des contacts entre les rats et les Parisiens, tous partis à leur chasse.

     Les rats résistent donc encore et toujours aux humains, même si Paris n’a pas renoncé à se débarrasser de ces habitants indésirables. A partir des années 1940, la municipalité impose aux propriétaires parisiens des campagnes de dératisation régulières et procède à la pose mensuelle de raticides. Plus récemment, l’objectif s’est transformé passant de l’éradication à la limitation de la population des rats parisiens. La ville fait appel au civisme des Parisiens et utilise désormais des poubelles anti-rats, des amendes pour ceux qui jettent leur détritus dans la rue, un appel à ne pas nourrir les animaux dans les parcs… Bref, toutes les cartes sont entre les mains des habitants de la capitale !

     Les rats sont des habitants incontournables de la capitale française et sont encore là malgré les nombreuses tentatives de Paris pour les chasser. Si vous souhaitez en apprendre plus sur le sort réservé aux rats parisiens, découvrez dans cette vidéo les ratodromes, un lieu de divertissement très en vogue au début du 20ème siècle.

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