C’est une faculté que l’on ne présente plus tant sa renommée est grande. Aujourd’hui, nous nous attaquons à l’histoire de la plus célèbre des écoles parisiennes : la Sorbonne !

La naissance d’un mythe

Vue du collège de Sorbonne en 1550

       La vénérable institution parisienne n’est pas toute jeune ! Sa fondation remonte au Moyen-Age lorsque le confesseur du roi Saint-Louis, un certain Robert de Sorbon (vous voyez le lien ? 😊) décide en 1257 d’héberger dans une ancienne maison de médecins des étudiants en théologie (étude des religions) de l’Université de Paris, l’une des plus anciennes universités médiévales, destinée à la formation des clercs (personnel des administrations royales). Petite nouveauté, il y loge aussi les professeurs, fondant le concept qui régira les collèges français pendant longtemps.

Gravure de Robert de Sorbon

     A cette époque, la Sorbonne possède déjà l’esprit égalitaire qui fera sa renommée. En effet, on y entre par un concours difficile et non pas grâce à son réseau. Cela permet à l’école de recruter des élèves venant de la France entière et surtout des différentes nations universitaires.

     Ces dernières regroupent les provinces d’une même famille de langue et donc les élèves d’une même université. Les quatre nations existantes (française, germanique, normande et picarde) manquent cruellement de diversité et reposent sur le recrutement par recommandation. La Sorbonne provoque une petite révolution dans le monde de l’enseignement médiéval en décidant de retenir pour seul critère de candidature le faire d’être étudiant en théologie. Et si vous êtes pauvre, c’est encore mieux car l’école demande une participation financière de ses étudiants selon leurs revenus !

La Sorbonne à l’épreuve de la Révolution

Peinture l'église de la Sorbonne en ruine - Hubert Robert - 1800

     Tout semble aller pour le mieux pour la Sorbonne, qui a eu l’honneur d’être rénovée au XVIIème siècle par Richelieu (lui-même ancien élève de l’école) et d’accueillir des élèves des plus prestigieux, comme le contrôleur général des finances de Louis XVI, Turgot ou Napoléon Bonaparte. Mais quand la Révolution éclate, l’école devient le symbole d’une société archaïque, basée sur les privilèges. En janvier 1791, elle reçoit l’ordre d’ouvrir sa bibliothèque au grand public. Les bibliothécaires font traîner les choses et agacent les révolutionnaires qui prennent la décision de la saisir et de transférer les livres à la Bibliothèque nationale. Puis la Sorbonne est tout bonnement fermée en avril 1792.

     L’école doit attendre 1806 et la réforme entamée par Napoléon Ier pour retrouver son prestige d’antan. Sont alors créées les facultés de sciences, des lettres, de théologie, de droit et de médecine afin de former les futurs professeurs. La Sorbonne est choisie pour abriter les trois premières et le libéralisme politique de la faculté de lettres entraîne bientôt le succès qu’on lui connaît.

Une faculté dans l’air du temps

Photographie d'étudiants dans la cour de la Sorbonne en mai 1968

     On l’a vu, la Sorbonne est depuis sa fondation habitée par la notion d’égalité et par l’innovation. Et ce n’est pas son entrée dans le XXème siècle qui va changer cela ! En mai 1968, alors que les étudiants de Nanterre sont chassés de leur université, ils trouvent refuge… à la Sorbonne ! C’est de là que partent les premiers lancements de pavés sur les forces de l’ordre, qui ont eu le malheur de vouloir interroger des étudiants au commissariat, comme de vulgaires criminels. L’école fait dès lors l’objet de nombreuses manifestations pendant toute la durée des événements et devient le symbole international de la contestation étudiante.

      La réforme de l’enseignement qui s’ensuit éclate l’école en 9 puis 13 nouvelles universités. Six de ces universités demeurent dans le bâtiment originel de la Sorbonne (Paris I, Paris III, Paris IV, Paris V, l’Ecole des Chartes et l’EPHE) tandis que les autres entités sont éclatées dans la capitale, provoquant une gestion difficile de l’école.

   

     La Sorbonne a donc traversé les siècles et les péripéties de l’histoire française. Mais elle est toujours debout aujourd’hui, plus forte que jamais et a très certainement de beaux jours devant elle ! Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à cliquer sur le petit cœur en haut à droite et à parcourir les autres disponibles sur le blog…

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