Le vin est un incontournable de la gastronomie française. Mais saviez-vous que Paris et sa région a été un des plus grands vignobles français pendant des siècles ? Eh oui, bien avant les Bourgogne et les Bordeaux, les meilleurs crus du Moyen-Age étaient originaires de notre belle capitale. Il en reste d’ailleurs encore quelques traces de nos jours, pour qui sait avoir l’œil…

Les origines du vin parisien

Moine buvant du vin - Marcello Bacciarelli, peinture

     La vinification existe depuis plusieurs millénaires, si bien que les scientifiques ont démontré que l’homme du néolithique a déjà goûté au vin. La culture de la vigne et le vin sont introduits en Gaule par les Grecs et les Etrusques à la fin du VIIème siècle avant notre ère. La viticulture gauloise se développe de façon très importante à partir du moment où la Gaule est conquise par les Romains. Jusqu’à ce que l’empereur Domitien fasse interdire en 92 après JC la plantation de vignes en Gaule, la production gauloise commençant à concurrencer sérieusement les vins italiens. Ce n’est qu’en l’an 276 que l’interdiction est levée, grâce à l’édit de Probus. Peu de temps après, au 4ème siècle, apparaissent les premiers vignobles en Ile-De-France et à Lutèce !

     Après la chute de l’empire romain en 476 après JC, les vignobles parisiens passent aux mains de l’Eglise et sont morcelés entre les différentes abbayes de la capitale. On retrouve ainsi du vin venant de l’abbaye de Saint-Denis ou encore de celle de Saint-Germain-des-Prés ! Le clergé va étendre la consommation du vin au-delà du simple usage épiscopal (le vin de messe) avec la création de ce qu’on appelle aujourd’hui le « vin d’honneur », servi lors de la visite d’un personnage important. A l’époque, recevoir une personne implique de pouvoir lui fournir autant de vin qu’elle le souhaite pendant toute la durée de son séjour. C’est une façon d’étaler sa richesse et son pouvoir ! Le prix du vin augmente avec sa popularité et il devient une denrée de luxe très prisée de la noblesse et de la bourgeoisie.

     La cour de France est elle aussi très friande de réceptions et le roi devient rapidement le concurrent de l’Eglise dans la production du vin. Les souverains francs vont planter de nombreuses vignes autour de leurs résidences royales à Paris, comme sur l’île de la Cité et en Ile-de-France, créant la « ceinture de vigne » qui correspond aujourd’hui au territoire de la petite couronne (Issy, Vanves, Suresnes…). La production prend une telle ampleur qu’au 13ème siècle, Saint Louis décide que seul son vin pourra être vendu par les taverniers de Paris. Cette décision donne naissance à une exportation du vin de la capitale vers des régions françaises non viticoles, comme la Normandie ou la Picardie et les pays frontaliers, comme la Flandre (pour en savoir plus sur le transport fluvial du vin, cliquez ici).

La fabrication du vin au Moyen-Age - vers 1180

     Au cours du temps, les seigneurs commencent eux aussi à cultiver la vigne dans la région et la concurrence se fait d’autant plus rude que l’on n’a pas encore trouvé le moyen de conserver le vin. Le vin doit donc être produit au plus près possible du consommateur. Cela entraîne une importante production locale et donc une forte concurrence entre les producteurs locaux. Chaque seigneur obtient alors le droit de banvin qui lui donne le droit d’être le seul producteur à pouvoir vendre son vin dans sa seigneurie pendant 30 à 40 jours après le ban des vendanges.

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Le vin parisien, un véritable succès

Le repas chez Simon (repas de la renaissance accompagné de vin) - Anonyme - vers 1500

     Plusieurs facteurs expliquent la popularité du vin, qui ne cesse de grandir depuis l’Antiquité. Tout d’abord, l’eau n’est pendant longtemps pas consommable car trop polluée et le vin prend sa place pendant les repas. Et comme pour toute denrée à la mode, on lui donne une multitude d’utilisations et de vertus. Ainsi, la médecine le considère comme un traitement et le prescrit en fumigation, gargarisme et même en onguent ! On recycle également le vin périmé, qui a tourné au vinaigre, dans la cuisine.

     Bien que très populaire en raison de sa qualité, le vin de Paris ne connaît son véritable essor qu’à la fin du 18ème siècle et pendant le 19ème siècle. Pendant cette période, la consommation en vin de Paris et de sa région passe de 1 million d’hectolitres en 1800 à 3,5 millions en 1865 ! C’est pourquoi les producteurs décident de changer le cépage des vignes de sorte qu’elles produisent beaucoup plus et qu’elles répondent à la demande croissante, même si cela implique de diminuer la qualité du vin

     Cet essor se retrouve également dans l’urbanisme parisien avec ses différentes halles aux vins. Depuis 1662, la majorité du vin est stockée puis vendue au quai Saint Bernard qui s’agrandit pour atteindre 123 celliers répartis sur 14 hectares entre 1811 et 1845.

Les entrepôts de Bercy avec les fûts de vin - 1908

      En 1869, la ville décide de rénover et agrandir une autre halle, qui va rapidement devenir la principale place de commerce d’alcool à Paris : les entrepôts de Bercy. Construits sur 42 hectares, ils concentrent 70% du négoce de l’alcool de la capitale contre 30% pour le quai Saint-Bernard, qui se spécialise à partir de ce moment dans la vente de vins fins et de spiritueux.

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Guinguette sur la Rize

     Ce commerce s’effectue principalement en dehors des murs de Paris en raison d’une taxe datant du 17ème siècle qui s’applique sur tout le vin entrant dans la capitale. Cela entraîne des tentatives de fraudes parfois ingénieuses comme la construction de tunnels clandestins ou l’envoi du vin par ballon.

     Mais la plupart des consommateurs de vins trouvent un moyen beaucoup plus simple de se rafraîchir : les guinguettes, qui sont particulièrement nombreuses dans les halles aux vins de la périphérie parisienne. Le nom de ces cafés dansants provient d’un vin de Belleville : le guinguet. A l’image de ce vin jeune et pétillant, la guinguette est donc un lieu de divertissement populaire et bon marchéil fait bon vivre ! Par ailleurs, le vin dans les guinguettes n’est pas trafiqué – contrairement à certaines tavernes de la capitale… – c’est-à-dire qu’il n’est pas mélangé avec d’autres vins.

Que sont devenues les vignes parisiennes ?

Le clos Montmartre - Paris

     Aujourd’hui, Paris est plus connue pour ses monuments que pour son vin. Pourtant, quelques vignes résistent encore et toujours à l’implantation urbaine.

      Si vous souhaitez trouver du pinot meunier, orientez-vous vers le parc de Belleville dans le 20ème arrondissement. Pour du pinot noir, ce sera plutôt au clos des Chaufourniers, à la butte Bergeyre ou au parc Georges Brassens. Et si vous êtes plutôt Chardonnay ou Sauvignon blanc, les vignes du parc de Bercy feront votre bonheur.

      Montmartre possède également quelques pieds qui font la fierté de ses habitants. Appartenant à l’origine aux abbesses bénédictines de Montmartre, ces vignes sont vendues à la fin du 15ème siècle en raison de la ruine du couvent. A partir du 19ème siècle, les 3 250 pieds du vignoble perdent du terrain face à l’urbanisation sauvage de la capitale et disparaissent complétement en 1928. Mais deux ans plus tard, les habitants de Montmartre décident de s’opposer à cette poussée de bâtiments et replantent des vignes au 12 rue Courtot. Ce vignoble devient le « Clos Montmartre », élu plus petit vignoble de France ! Il est désormais la propriété de la ville de Paris qui en a confié la gestion au Comité des Fêtes et d’Action Sociale de Montmartre et du 18ème arrondissement, ce qui lui permet de reverser l’intégralité des bénéfices des ventes de la production au centre des dons et des œuvres sociales du quartier.

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     Paris est donc bien plus qu’une magnifique capitale riche de monuments historiques. Elle fait partie intégrante de l’histoire de la gastronomie française et en conserve quelques traces, toujours aussi réputées. Si l’histoire du vin vous intéresse, voici une petite vidéo expliquant comment il était transporté sur la Seine !

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Join the discussion One Comment

  • Grande dit :

    Intéressant mais un encart citant vos sources ainsi que des légendes pour les illustrations seraient les bienvenus..!
    Bonne continuation,
    Mélanie Grande

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