was successfully added to your cart.

Comment s’habillaient les Parisien(ne)s à la Belle Epoque ?

     La Belle époque, située entre 1889 et 1914, est une période très riche en changements : de nombreuses avancées techniques, une industrialisation croissante, une ébullition artistique… La mode n’échappe pas à cette tendance et connaît de nombreuses évolutions stylistiques. On passe de l’omniprésence de la tournure ou « cul-de-Paris » vers 1890 aux prémices de la mode des années folles avec le style de la garçonne. Une seule constante : le sens du chic de la Parisienne ! Comment s’habillaient donc Parisiennes et Parisiens durant la Belle époque ?

   La Belle époque est une période située entre la chute du Second Empire en 1870 et le début de la Première guerre mondiale en 1914. On peut considérer que l’Exposition universelle de 1889 marque véritablement le début de la Belle époque, caractérisée par de nombreux progrès techniques, une forte industrialisation et une véritable effervescence artistique et intellectuelle.

    L’essor de la mode durant cette période va de pair avec le développement de la bourgeoisie, qui joue un rôle majeur dans la révolution industrielle. Cette classe sociale s’enrichit et l’étendue de son pouvoir ne cesse d’augmenter, au détriment de l’aristocratie.

    La disparition de la cour, depuis la chute du Second Empire, et de ses contraintes formelles, avec ses vêtements strictement codifiés, est une opportunité pour le développement de la mode. Les styles se libèrent et se propagent dans les nouveaux espaces de sociabilité que sont les salons.

    Même après la chute de l’Empire, Paris garde intacte sa réputation de capitale de la mode et le sens du chic de la Parisienne continue à faire l’unanimité dans l’Europe entière.

    Comment s’habillaient alors les Parisiennes et les Parisiens entre 1889 et 1914 ?

 

Mesdames les Parisiennes

 

La garde-robe de la Parisienne

    La qualité d’une garde-robe s’évalue non pas à la quantité de vêtements qu’elle contient mais à l’adéquation des vêtements aux heures du jour et aux différentes circonstances mondaines qui adviennent dans la vie d’une femme mondaine. Roland Barthes écrit dans Système de la mode : « La toilette d’une femme à Paris – j’entends, d’une femme ayant une fortune moyenne – se compose pour chaque saison d’une robe de chambre – d’une robe d’intérieur – d’une robe consacrée aux sorties matinales – d’une robe de visites ; je passe sous silence les robes destinées aux dîners et réunions du soir qui représentent le superflu et que chacun s’accorde, ou se refuse suivant que son budget est plus ou moins élastique ».

    La femme de bonne famille respecte un déroulé précis pour sa journée, qui va du lever au coucher. Chaque stade de la journée a une toilette précise qui lui correspond. Les manuels de savoir-vivre, qui sont en vogue à cette période, contribuent à la multiplication des tenues quotidiennes en fonction des circonstances.

    De même, tout événement mondain devient sujet à une toilette spécifique, en particulier les Salons qui émergent durant cette époque.

Une succession de styles et de silhouettes

   Durant la Belle époque, l’évolution de la mode se traduit par les transformations successives de la silhouette féminine. En fonction des périodes, des marqueurs de silhouette vont apparaître : le positionnement de la taille, plus ou moins haute ; la coupe des manches ; la forme des jupes. Tous ces marqueurs dessinent différentes silhouettes chez la femme.

La succession des styles se fait par ailleurs à un rythme effréné pour l’époque. Les modes changent désormais tous les trois ans et non plus tous les dix ans comme c’était le cas sous l’Empire.

  • Les années 1889-1892 :

   Jusqu’à présent, la tournure était très à la mode. Il s’agissait d’un rembourrage porté sous la robe ou la jupe qui permettait de lui donner du volume. En tissu et articulée par des cerceaux, on l’appelait également « queue d’écrevisse » car sa forme mais aussi sa couleur (elle était souvent recouverte d’un tissu rouge) rappelaient le crustacé.

    Durant cette période, la tournure commence à disparaître et est remplacée par un petit coussin placé au niveau des reins, qui fait un petit rebondi. Par ailleurs, les drapés, auparavant chargés en motifs et en couleurs, se simplifient et la taille se marque très fortement.

  • Les années 1893-1897 :

   Ces années se caractérisent par un retour à la Renaissance avec d’imposantes manches gigot, une jupe conique et une taille encore très marquée. Le col, montant, est de plus en plus souvent bordé d’une petite fraise, à la mode de la Renaissance. Les tissus utilisés, de beaux velours ciselés, sont également typiques de cette époque. Une taille extrêmement fine, des manches gigot et la jupe évasée en cloche : c’est la mode de la silhouette en sablier.

  • Les années 1898-1904 :

    L’Art nouveau, apparu en architecture, s’étend jusqu’à la mode. La silhouette de la femme adopte sa fameuse ligne sinueuse. Grâce à un corset très rigide, qui impose une forte cambrure en propulsant le buste en avant et le bassin en arrière, le corps de la femme est tordu en S. Les couleurs à la mode sont désormais les couleurs pastel et les motifs, souvent floraux, s’inspirent de la nature.

    La grande nouveauté de la période est le tailleur-jupe composé d’une veste de tailleur, d’une jupe longue et d’un corsage. Ce nouveau vêtement, inspiré des costumes masculins, est importé d’Angleterre. Il est porté par les femmes oisives lors des promenades du matin et il est très apprécié par les employées de bureau qui sont de plus en plus nombreuses à cette période.

  • Les années 1905-1908 :

    Les toilettes se simplifient et se « relâchent ». Les jupes perdent leur volant. La taille se desserre et commence à remonter vers la poitrine. Les vestes des tailleurs deviennent plus larges et s’allongent. Les manches des robes deviennent plus plates. Les manteaux sont plus amples. Les étoffes s’assouplissent.

  • Les années 1908-1910 :

    La taille est désormais montée sous la poitrine grâce à un corset plus long. On revient au style de l’Empire et du Directoire. La ligne en S de l’Art nouveau disparaît. Les manches sont plates. La silhouette devient plus droite. L’Antiquité est alors une importante source d’inspiration pour les couturiers.

  • Les années 1911-1914 :

    Les ballets russes ainsi que la fête persane « Les 1002 nuits » donnée par Paul Poiret vont influencer la mode de cette période. On assiste à l’émergence du style « sultane » : les vêtements s’enrichissent d’une touche orientalisante. Les couleurs deviennent plus vives. Les robes sont en « tonneau » de la taille aux chevilles : elles forment une sorte de large fourreau composé de plusieurs couches. Les femmes portent des turbans sur la tête le soir.

L’importance du corset

     Le corset est la pierre angulaire du costume des Parisiennes au XIXème siècle. Seul élément invariable durant toute la Belle époque, il modèle le corps et la silhouette qu’il redessine périodiquement.

    Au même titre que les différentes pièces d’une garde-robe, toutes sortes de corset existent pour toutes les heures du jour. Du négligé matinal au corset de luxe de grand soir, les corsets se démultiplient à l’infini !

    La fabrication du corset atteint à cette époque une technicité remarquable. Son armature, qui était jusqu’à présent en fanons de baleine, est remplacée par des lames d’acier, plus souples, plus résistantes et moins chères. Il se lace dans le dos mais s’agrafe devant. Le corset étant une pièce très raffinée et donc très chère, les femmes en prennent grand soin. Elles portent notamment un cache-corset pour le préserver du frottement et le faire durer plus longtemps.

    Le corset, assez court au début de la période, s’allonge dans les années 1895-1900 pour creuser l’estomac et projeter la taille en avant. Dans les années 1910, il devient plus lâche et contraint moins la taille. Il disparaîtra totalement avec la Première guerre mondiale.

Messieurs les Parisiens

 

   La mode, durant cette période, est un domaine que les hommes réservent (bien volontiers) aux femmes. A l’inverse du vestiaire féminin, caractérisé par une extraordinaire variété de formes et de tissus, le vestiaire masculin évolue beaucoup plus lentement.

    Le costume masculin se caractérise par sa rigidité et sa sobriété qui permet de mettre en valeur les tenues chatoyantes des dames. Le complet trois pièces, avec veston, gilet et pantalon proche du corps, est de rigueur à la ville. Il s’assortit généralement d’une chemise blanche ; d’une cravate qui peut être légèrement colorée et d’un chapeau haut-de-forme, pour les soirées et les visites, ou melon pour la ville. Les hommes ne sortent jamais à pied sans leur canne.

    Les vêtements révèlent l’esprit d’une époque. Ils habillent non seulement le corps mais ils sont également le reflet de la société de leur temps. L’évolution des styles durant la Belle époque traduit des évolutions importantes de la société : l’avènement de la grande bourgeoisie, qui a désormais les mêmes aspirations que l’aristocratie, mais aussi le début de l’émancipation de la femme…

Si tu as aimé notre article, écrit avec amour, n’hésite pas à :

  • le “liker” en cliquant sur le cœur tout en haut à droite
  • laisser un commentaire dans la case “Leave a reply” tout en bas
  • le partager sur les réseaux sociaux

Tu as aimé cet article ? Tu aimeras sans doute aussi nos visites !

Les visites des Découvreurs en 4 points clés

La découverte de trésors hors des sentiers battus

Des lieux, œuvres d’art, musées ou monuments confidentiels qui ont un véritable intérêt historique ou artistique

Une expérience pleine d'imaginaire et de surprise

Une description énigmatique, le lieu dévoilé seulement après la réservation, la visite construite comme un voyage à travers une thématique

Un véritable échange détendu et convivial

Des guides experts de leur sujet qui proposent de véritables échanges où l’observation et le débat ont une place importante

Un moment de respiration dans la semaine

Des visites le midi pendant la pause dej’ pour faire une “coupure” dans sa journée et le soir après le travail pour décompresser

Un aperçu de nos visites en images

Et si tu offrais une visite Les Découvreurs à un proche ?

Choisis une de nos trois cartes-cadeaux !

Carte-cadeau
"Hors les murs"

En savoir plus

Carte-cadeau
"Passe-muraille"

En savoir plus

Carte-cadeau
"Le Combo"

En savoir plus

Découvre ce que la presse dit sur nous

La Provence, Challenges, Libération...

Suis-nous sur les réseaux sociaux

Facebook

Instagram

Twitter

Join the discussion One Comment

  • Telma Rist dit :

    j’adore cet article!!!
    je fais un exposé sur l’histoire de la mode en France,et grâce à vous j’ai plein d’informations à écrire!!!!
    merci encore pour cet article si bien fait pour les grands comme pour des plus petits…

Leave a Reply