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A quoi ressemblait Paris en 1600 ?

By 25/11/2017 Le Paris disparu

     Au fil de vos déambulations dans les rues de notre belle capitale, vous vous êtes forgé une image intemporelle de Paris : ses rues étroites et sinueuses dans le centre, ses grands boulevards et ses larges avenues, ses hauts immeubles haussmanniens… A tel point qu’il est difficile d’imaginer que Paris pouvait être différente dans le passé. Et pourtant, à la toute fin de la Renaissance, Paris était loin d’être celle que l’on connaît aujourd’hui. A quoi ressemblait Paris en 1600 ?

     A l’orée du XVIIème siècle, Paris était une ville bien différente de celle que nous connaissons. Si aujourd’hui les architectes et les urbanistes cherchent avant tout de l’espace, du dégagement et de l’ouverture, Paris était en 1600 une ville où régnait le confinement.

Mais avant de décrire plus précisément l’anatomie de cette ville à la fin de la Renaissance, il est important de donner quelques éléments de contexte historique. Que se passait-il en France en 1600 ?

En 1600, Paris est une des plus grandes villes d’Europe occidentale avec près de 300 000 habitants. Le roi Henri IV règne sur la France depuis un peu plus de 10 ans. Contrairement à François Ier ou son fils Henri II qui, rebutés par l’insalubrité de la capitale, préféraient les demeures du Val de Loire ou du Bassin Parisien, Henri IV décide de fixer sa résidence ordinaire à Paris.

     L’édit de Nantes, promulgué deux années auparavant, vient mettre fin aux guerres de religion qui ensanglantent la France depuis près de 40 ans en accordant de nouveaux droits aux protestants. Cette paix nouvelle va inaugurer une période de prospérité durant laquelle le roi va engager d’importants travaux de modernisation de la capitale. A quoi ressemblait donc le Paris médiéval qu’Henri IV a contribué à moderniser ?

La structuration de l’espace

La capitale est aujourd’hui divisée en 20 arrondissements et composée de plusieurs quartiers dont les noms font écho à ceux des anciens villages qui ont été depuis rattachés à Paris : le quartier « Montmartre », le quartier « Vaugirard », le quartier de la « Butte-aux-cailles »…

     En 1600, la superficie de Paris est près de 15 fois plus petite qu’aujourd’hui. La ville est toujours structurée selon son ancienne division médiévale, en trois parties :

  • la Cité (située au centre sur l’image ci-dessus) sur laquelle se trouvent la cathédrale et l’ancien palais ;
  • la Ville (située à l’arrière-plan de l’image ci-dessus), rive droite, qui concentre les activités économiques ;
  • L’Université (située au premier plan de l’image ci-dessus), rive gauche, qui comprend les collèges installés sur la montagne Sainte-Geneviève, sur le territoire de l’ancienne ville romaine.

Les enceintes

     Aujourd’hui, la délimitation du Paris intra-muros se fait … avec le périphérique ! En 1600, la ville de Paris était circonscrite par des murailles médiévales hautes d’environ huit mètres et entourées de douves. Leurs courtines (la muraille qui relie deux tours et par laquelle les soldats passaient pour se rendre d’une tour à l’autre) étaient suffisamment larges pour que deux hommes puissent s’y croiser. Du haut des murailles, les soldats pouvaient défendre leur ville contre d’éventuels assaillants, en leur jetant toutes sortes de projectiles. Si les ennemis atteignaient les douves, les soldats pouvaient descendre par les tours pour les combattre au corps-à-corps.

     La muraille debout en 1600 était la quatrième enceinte construite à Paris (la toute première étant l’enceinte gallo-romaine du IIIème siècle) : sur la rive gauche (à droite sur le plan ci-dessous), il s’agit de l’enceinte de Philippe Auguste, construite autour de 1200 alors que sur la rive droite (à gauche sur le plan ci-dessous), il s’agit de l’enceinte de Charles V, construite autour des années 1350. Vous pouvez encore admirer aujourd’hui de nombreux vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste dans la capitale, notamment rue du Jour dans le 1er arrondissement.

        Plan de Paris gravé sur bois, Sébastien Munster, 1549

Les rues

     Aujourd’hui, à l’exception du centre de Paris, les rues de la capitale sont plutôt rectilignes et très larges, notamment au niveau des grandes avenues ou des grands boulevards.

     En 1600, toutes les rues de Paris étaient similaires au dédale que vous pouvez trouver dans le Marais. A l’origine, les rues n’ont pas été créées « en tant que telles » : il s’agissait en fait de simples chemins formés par l’élévation de maisons sur leur bordure. Les rues étaient très étroites : les plus larges, dans les quartiers denses de la ville, faisaient entre 6 ou 7 mètres et connaissaient une fréquentation très importante. Mais en règle générale la largeur des rues n’excédait pas 3 ou 4 mètres. La plupart de ces rues n’existent plus aujourd’hui mais Les Découvreurs ont repéré pour vous un « spécimen » encore vivant : la rue Visconti, dans le 6ème arrondissement, qui fait par endroits seulement 3,5 mètres de large !

     Malgré leur étroitesse, les rues étaient moins encaissées qu’aujourd’hui car les maisons étaient bien moins hautes que nos immeubles haussmanniens. Les maisons médiévales comportaient en effet trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage carré et des combles.

     L’aspect des rues variait également par la taille des parcelles qui s’y succédaient : comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessous, les parcelles sont nombreuses et étroites le long des rues principales. Très passantes, elles étaient des emplacements de choix pour les artisans et les commerçants ! Les parcelles étaient en revanche plus larges sur les rues moins fréquentées.

Détail du Plan de Truschet et Hoyau (vers 1550)

Les places

     Qu’il s’agisse de la place Vendôme, de la place de l’Etoile ou des nouveaux projets d’urbanisme comme la ZAC Clichy-Batignolles dans le 17ème arrondissement, le Paris d’aujourd’hui fait la part belle aux places et aux grands espaces dégagés.

     En revanche, en 1600, il y a peu de places à Paris à part peut-être le parvis de la cathédrale Notre-Dame. Il n’avait cependant rien à voir avec la vaste esplanade que nous connaissons aujourd’hui : comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, autour de la masse de la cathédrale se trouvait un front bâtis de manière quasi continu. C’était un lieu très étouffant où la circulation était très difficile !

     A l’époque, une vingtaine de lieux étaient nommés « place » ou « carrefour » dans Paris : il s’agissait essentiellement de jonctions entre plusieurs rues ou de parvis et de cloître attachés à un édifice. Mais c’est surtout le peuple qui a érigé certains lieux au rang de « places » en raison de localisation d’une activité particulière ou d’une institution suffisamment connue : ces lieux de passage ou de forte fréquentation étaient ainsi des repères géographiques qui servaient de référence aux Parisiens !

Vue de la façade de Notre-Dame de Paris par Nicolas Ransonnette

Le fleuve

     La Seine fait aujourd’hui indéniablement partie de la vision romantique que nous (et les touristes étrangers) avons de Paris. Cependant, en 1600, si la Seine facilitait considérablement les échanges et permettait le développement de multiples activités économiques liées à l’eau, elle avait également sa part d’ombre : mal maîtrisée, son niveau d’eau oscillait considérablement et les crues ont été nombreuses et mortifères !

     La Seine était bien plus large qu’aujourd’hui. Ses berges n’étaient pas du tout régulières : parfois la pente était douce et large, ce qui permettait un accès facile à l’eau et aux bateaux mais parfois les rives étaient abruptes et les constructions venaient frôler dangereusement ses bords. Les quais continus que vous connaissez aujourd’hui, tout au long de la Seine, ont seulement été construits pendant la première moitié du XIXème siècle. Il existait toutefois quelques tronçons de quais comme le quai des Grands Augustins qui a été aménagé dès le XIVème siècle !

     Comme aujourd’hui, les deux rives étaient reliées par des ponts. Il existait 4 ponts en 1600 : le Pont Notre-Dame et le Petit-pont, le Pont au Change et le Pont Saint-Michel. Ce qui est plus difficile à imaginer est que les ponts parisiens étaient habités : parce que c’était des lieux de passage, les Parisiens y ont construit des maisons et des boutiques. Par exemple, le Pont au Change, qui s’appelait alors le Grand Pont, accueillait 150 maisons dont 112 comprenaient aussi une boutique ! Thomas Platter, dans ses Mémoires de la société de Paris et de l’Île-de-France, écrit en 1599 : « bordés de chaque côté par rangées de maisons, [les ponts] ressemblaient plutôt à des rues qu’à des ponts ». La Seine, entrecoupée de ces « ponts-rues », ressemblait davantage à une succession de bassins qu’à un fleuve !

Pont Saint-Michel, Alain Manesson Mallet, 1702

 

     Fort de toutes ces nouvelles images, vous pourrez désormais imaginer une toute autre ville lors de vos futures déambulations dans la capitale. Même si Paris nous paraît quelques fois un peu étouffante, vous savez maintenant que la situation était bien différente en 1600 !

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